Estelle, pour commencer, pouvez-vous nous raconter comment est née l’aventure qru et à quel moment vous avez eu la conviction que l’alimentation crue pouvait réellement révolutionner les soins et services pour animaux de compagnie ?
La marque qru est née d’une histoire très personnelle. J’avais une chienne de 9 ans qui commençait à montrer des signes de vieillissement : moins d’entrain, des problèmes digestifs, un poil un peu gras, et surtout elle ne voulait plus vraiment manger ses croquettes. Autour de moi, certains amis propriétaires parlaient du BARF (alimentation crue pour chiens et chats), et j’ai décidé d’essayer.
En quelques semaines, j’ai vu des changements très concrets : un poil plus beau, une haleine bien plus agréable, une quantité de selles vraiment réduite… et surtout une chienne à nouveau enthousiaste à l’heure des repas. J'ai eu une sorte de déclic : l'alimentation crue pouvait vraiment changer le quotidien et le bien-être des animaux.
La marque qru est née parce que j'ai vraiment voulu rendre cette approche accessible au plus grand nombre et offrir une vraie alternative à la nourriture industrielle à nos animaux.
Dans le concret du quotidien, comment expliquez-vous à un maître sceptique la différence, en termes de physiologie et de bien-être, entre une alimentation industrielle classique et les rations crues qru pour un chien ou un chat carnivore ?
Le chien est un carnivore opportuniste, le chat un carnivore strict : leur système digestif est avant tout conçu pour digérer des protéines et des graisses animales. Le chien est capable de digérer une certaine quantité d’amidon, mais en pratique, moins il en consomme, mieux il se porte.
Une ration crue bien conçue se fonde sur des ingrédients simples et identifiables : viandes, abats, os charnus adaptés, huiles et compléments ciblés. À l’inverse, beaucoup d’alimentations industrielles (même de bonne qualité) reposent sur des procédés de transformation et incluent parfois une part importante d’amidon, pour des raisons de coût et également technologiques (texture, extrusion, conservation). Ce sont donc des aliments très industriels ; et on sait aujourd’hui, dans l’alimentation humaine, que les effets des aliments ultra-transformés sur la santé sont clairement identifiés comme défavorables.
Au quotidien, la différence se voit surtout sur des marqueurs très concrets : une digestion plus stable (transit plus régulier, selles plus petites), une meilleure appétence, une peau et un pelage souvent plus beaux, et une hygiène bucco-dentaire qui peut aussi s’améliorer.
Vous insistez sur la « science au service de recettes équilibrées » : pouvez-vous détailler comment vous avez adapté les principes du BARF aux recommandations nutritionnelles actuelles, et sur quels indicateurs de santé (digestif, peau, pelage, dents…) vous vous appuyez pour valider vos formules ?
On s’inspire de l’esprit du BARF (des ingrédients simples et adaptés à la physiologie des carnivores) mais on l’encadre avec une vraie démarche de formulation. Concrètement, on analyse nos matières premières, puis on les met en face des recommandations nutritionnelles en vigueur (NRC, FEDIAF) pour construire des recettes complètes et équilibrées.
On adapte ensuite selon les besoins réels de l’animal : chiot, adulte, senior, mais aussi poids, gabarit/race, niveau d’activité ou sensibilités. Et si besoin, les propriétaires ne sont pas seuls : ils peuvent nous appeler, et notre service client les aide à ajuster la ration et à faciliter la transition. Pour valider, on suit des indicateurs très concrets : digestion (selles/transit), peau et pelage, haleine/dents, appétence, énergie et stabilité du poids.
Innover dans les soins aux animaux passe aussi par l’expérience globale du gardien : quels freins rencontrez-vous le plus souvent (peur de la viande crue, contraintes pratiques, coût, vétérinaires réticents…) et comment qru les contourne-t-il par ses produits, ses services ou son accompagnement ?
Les freins reviennent souvent autour de quatre sujets : la peur du cru (hygiène/sécurité), la complexité (“je ne saurai pas équilibrer”), la praticité (congélation, organisation, voyages) et le budget. On rencontre aussi parfois des réticences vétérinaires, surtout quand les repas crus sont “faits maison” car souvent mal équilibrés.
Chez qru, on contourne ces freins en rendant la démarche simple, fiable et accompagnée : des recettes formulées et équilibrées selon les recommandations en vigueur, une traçabilité et des process qui sécurisent la qualité, et un accompagnement humain : les propriétaires peuvent nous appeler et notre service client les aide sur la transition et l’adaptation des rations. L’objectif, c’est que le BARF ne soit pas réservé à une minorité : on le rend accessible et compatible avec la vraie vie.
Au-delà de la gamelle, en quoi un régime cru bien pensé peut-il changer la relation humain–animal (mastication, plaisir, comportement, activité physique), et avez-vous en tête un cas client particulièrement parlant qui illustre cette transformation ?
Un régime cru bien pensé peut changer la relation humain–animal parce qu’il remet du plaisir et du confort dans le quotidien : l’animal mange avec plus d’enthousiasme, la mastication et les textures sont plus naturelles, et quand la digestion est apaisée, on retrouve souvent un animal plus disponible et plus stable dans son comportement.
Un exemple très parlant, ce sont les chiens avec des soucis digestifs récurrents : quand le transit devient plus régulier et que l’inconfort diminue, les propriétaires décrivent un chien “plus posé”, avec une énergie plus constante. Et ça change tout, parce que la routine (repas, sorties, moments partagés) redevient simple et sereine.
Si l’on se projette à 5 ou 10 ans, comment imaginez-vous l’évolution du marché des soins et de l’alimentation pour chiens et chats : quelles innovations (personnalisation, suivi data de la santé, nouvelles formes de distribution, réglementation…) vous paraissent les plus structurantes, et où se positionnera qru dans ce paysage ?
À 5-10 ans, je pense que la personnalisation va clairement s’accélérer, mais surtout en ligne, là où il est possible de collecter les infos utiles et d’adapter les repas finement à l’animal. En magasin physique, la traduction de cette personnalisation sera plutôt une montée en puissance du conseil : mieux guider, mieux expliquer, aider à choisir et à réussir la transition.
Deuxième point important : la distribution du BARF va se démocratiser. De plus en plus d’enseignes et de magasins vont s’y mettre, ce qui va mécaniquement pousser le secteur à se professionnaliser.
Et justement, troisième point : on s’attend à une réglementation plus stricte, et c’est une bonne nouvelle si elle va dans le sens de plus de transparence (origine des viandes, traçabilité, clarté de la composition, exigences de qualité). C’est exactement sur ces sujets que qru veut être en avance : on espère contribuer à tirer le marché vers le haut, avec des standards plus clairs et plus rassurants pour les propriétaires de chiens et de chats.
Pour terminer, quel conseil concret donneriez-vous à un lecteur qui souhaite « innover » dans les soins de son chien ou de son chat dès demain – qu’il passe ou non au cru – pour améliorer visiblement sa santé et son bien-être ?
C’est une question difficile, parce qu’il y a beaucoup de leviers possibles… mais s’il y en a un qui a, selon moi, l’impact le plus visible, c’est bien l’alimentation, et en particulier une alimentation crue, parce qu’elle est non transformée et plus adaptée.
L'avantage avec l'alimentation crue, c'est qu'un petit changement suffit pour voir des effets bénéfiques. On peut très bien commencer progressivement, ou même faire une part de cru dans la semaine. Déjà avec ça, de nombreux propriétaires constateront des changements concrets sur le quotidien. :)
Pour en savoir plus : https://qru.pet